G. B.
à Giorgio Bevignani
Réticulaire et tentateur
tapisser le vide ou l’obscur
consteller de pigments baroudeurs
la poutre rugissante
Serve et maîtresse en la demeure
elle obtempère à la couleur
dépèce et pèse un arc-en-ciel
au fil des jours d’acier
Jouer d’un orgue à lumignons
tendus de l’aube au crépuscule
attendre au centre de la toile
la nuit phosphorescente
Tête à terre
endiguer la matière
amasser pépite et caillot
presser la veine en ses extrêmes
où l’agonie est renaissance
Y rouge voir à bout portant
battant pulsation souveraine
rompre le fil au labyrinthe
se lover nimbe et limbes
Ou s’élancer d’aile et de cire
vers un soleil exorbitant
déjouant le mythe et l’à-pic
réguler mer hémorragique
Or retrouver
le bleu des origines
en l’atelier voisin des thermes
sous l’architecte un alchimiste
caresse abysse et cime
© Benoît Gréan, 2011